Discours de Nathalie YAMB au sommet Russie-Afrique à Sotchi

Je souhaite en premier lieu remercier les autorités russes et la team Afrique pour m’avoir permis de venir exprimer mon point de vue, celui de mon parti et celui du professeur Mamadou Koulibaly candidat à l’élection présidentielle de 2020 en côte d’ivoire sur la souveraineté, sur les valeurs africaines, sur les urgences de développement en Afrique et le rôle que la Russie peut y jouer.

Parler d’identité africaine est une chose aisée car l’identité et les valeurs des africains ne sont pas différentes de celles du reste de l’humanité.

Nous avons les mêmes sentiments de solidarité de compassion et les mêmes aspirations à la liberté à la dignité à la justice et à la propriété. Pourtant force est de constater qu’après l’esclavage, après la colonisation, après les pseudos indépendances, on nous a reconnu que le droit d’être libre… mais seulement au sein de l’enclos français.

L’Afrique francophone est encore aujourd’hui en octobre 2019 sous le contrôle de la France.

Cela remonte à 1884 lorsque les puissances coloniales se sont réunies à Berlin pour se partager l’Afrique sans que les africains aient leur mot à dire. L’Allemagne, l’Espagne, l’Angleterre, le Portugal ont compris depuis lors qu’il fallait sortir du schéma de la conférence de Berlin et redéfinir les contours d’une nouvelle coopération avec les pays africains. Pas la France qui avance sans bouger en portant des masques et qui considère toujours le continent africain comme sa propriété.

Les peuples d’Afrique et particulièrement la jeunesse revendiquent pourtant avec de plus en plus de vigueur, leur besoin de démocratie, leur droit à l’autodétermination, le droit de décider avec qui ils veulent commercer, avec quoi ils veulent payer ce commerce sans qu’on les place sous la tutelle d’une ex puissance coloniale qui se présente toujours sur la scène mondiale comme notre porte-parole et notre avocat.

Nous voulons sortir du franc CFA, que Paris avec la complicité de ses laquais africain veut pérenniser sous l’appellation ECO et qui ne permet aucune industrialisation de l’Afrique francophone.

La conquête de notre souveraineté monétaire est capitale car la seule stabilité que le franc CFA garantit aux pays qui l’utilisent sont la mauvaise gouvernance, la pauvreté et la corruption.

Nous voulons le démantèlement des bases militaires françaises qui sous le couvert d’accords de défense bidons ne servent qu’à elle permettre le pillage de nos ressources, l’entretien de rébellions, l’entraînement de terroristes et le maintien de dictateurs à la tête de nos états.

Nous refusons que la France continue d’usurper la voix de l’Afrique à l’ONU qu’elle soit à la base de quasiment toutes les résolutions concernant le continent.

Les pays d’Asie ont appris a commencer à commercer avec les investissements directs étrangers alors que nous on nous saoule avec l’aide publique au développement.

Résultat aujourd’hui, eux ils sont brics et émergeants et nous nous sommes des mendiants qui sont très fiers d’être qualifiés de pays pauvres très endettés. Cela doit changer, cela va changer et la Russie a un rôle à jouer dans cette évolution.

Mais nous ne venons pas en Russie pour y chercher de nouveaux maîtres qu’on substituera aux anciens.

Nous y venons pour trouver des partenaires pour faire du business gagnant gagnant pour la Russie comme pour les pays africains concernés. L’Afrique regorge de potentialités, mes prédécesseurs l’ont déjà dit il y a une population qui grandit dont 60% à moins de 30 ans, une position géostratégique d’immenses ressources minières naturelles agricoles et surtout humaine.

Sur le plan militaire la présence de la Russie qui n’a pas de tradition coloniale peut permettre de rééquilibrer les choses dans les pays francophones et je crois que l’exemple centrafricain dont madame la ministre de la défense pourrait mieux nous entretenir est l’un des plus parlants.

En côte d’ivoire nous avons par exemple un énorme besoin de formation militaire et de restructuration de l’armée.

Sur le plan économique la promesse de Sotchi doit être celle de la rupture avec le huis clos actuel appauvrissant où la France semble avoir verrouillé les domaines de l’eau, de l’électricité, des routes, des ponts, des ports, par des monopoles protégés par les gouvernements respectifs ou par des passations de marchés de gré à gré sans appel d’offres.

Pour que nous puissions enfin nous diriger vers une ouverture de l’économie à tous, notamment aux industries et entreprises russes dans les secteurs agricoles, miniers, énergétiques de la transformation industrielle, de l’éducation, de la formation, il y en a plein.

le littoral ivoirien par exemple qui alterne les lagunes, les fleuves et la mer est long de 570 km et regorge d’un potentiel encore inexploité ou sous-exploité dans le transport maritime et lagunaire, dans le désensablement des embouchures des fleuves qui peuvent devenir navigables, dans l’hôtellerie, le tourisme, l’habitat de luxe, le transport lagunaire entre les villes du littoral compte tenu de l’état désastreux de nos routes.

Enfin sur le plan politique et diplomatique, le monde et la Russie doivent cesser de nous voir à travers les lunettes déformantes du storytelling méprisant, mensongers et négationniste de la France qui nous assujetti.

L’Afrique n’a pas besoin de tuteur à l’ONU!

L’Afrique n’a pas besoin de tuteur à l’ONU l’Afrique, n’a pas non plus besoin de nouveaux propriétaires mais la Russie a sa place comme un partenaire dans une logique de Commonwealth, d’enrichissement partagé et de collaboration vivifiante et innovante entre les secteurs privés respectifs.

Le monde bouge, les lignes évoluent, l’année prochaine 2020 est celle d’élections présidentielles au Togo, au Burkina Fasso, au Niger, en Centrafrique, en guinée et en côte d’ivoire pour ne parler que de l’Afrique francophone.

Espérons que celle-ci verront l’arrivée au pouvoir de dirigeants réellement choisi par les peuples qui privilégieront enfin l’ouverture sur le monde et de nouvelles et innovantes opportunités d’affaires à l’asservissement bête et stupide aux colons d’hier et d’aujourd’hui je vous remercie

Nathalie YAMB à Sotchi

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