Julie LAVOIR

Julie Graziani « une stratégie qui vise à rendre acceptables des idées dangereuses »

Julie GRAZIANI, (LAVOIR de son vrai nom), née en 1978, est une administratrice judiciaire, militante, éditorialiste et chroniqueuse de télévision française.

Catholique conservatrice et traditionaliste, elle se fait connaître au milieu des années 2010 en militant au sein de La Manif pour tous. Cofondatrice et porte-parole de L’Avant-Garde, elle est chroniqueuse à la télévision, notamment depuis 2015 dans l’émission 28 minutes sur Arte, et éditorialiste à partir de 2018 pour L’Incorrect, magazine œuvrant à la convergence entre Les Républicains et le Rassemblement national.

En mars 2017 elle avait déjà comparé la trisomie au fait d’être noir, sous entendu les gens avortent des bébés trisomiques alors que ça ne leur viendrait pas à l’idée d’avoir un bébé noir!

Et maintenant, « Si on est au SMIC, faut pas divorcer ! »

Mais quel est son but? faire le buzz, est-ce l’expression d’une bêtise profonde?

Ne soyons pas naïf, peu de chance de finaliser de brillantes études sans une once d’intelligence. « une stratégie qui vise à rendre des idées dangereuses acceptables »

La fenêtre d’Overton

Selon Wikipedia, La fenêtre d’Overton est une approche permettant d’identifier les idées définissant le domaine d’acceptabilité des politiques gouvernementales possibles dans le cadre d’une démocratie. Les partisans de politiques en dehors de la fenêtre d’Overton cherchent à persuader ou éduquer l’opinion publique afin de déplacer et/ou d’élargir la fenêtre.

Fonctionnement
On reprend assez souvent l’exemple du cannibalisme qui a été popularisé par le réalisateur russe Nikita Mikhalkov pour illustrer le fonctionnement de la fenêtre d’Overton. Permettez-nous de remplacer le mot cannibalisme par racisme.

Étape 1 : De l’impensable au radical


Dans la première étape, la pratique du racisme est considérée comme immorale et répréhensible au sein la société étudiée. Les sociétés occidentales actuelles se trouvent dans ce cas. À ce moment, le racisme se trouve au niveau de tolérance le plus bas de la fenêtre d’Overton : impensable.

Pour faire changer la position de l’opinion publique, on commence par tranformer le sujet en question scientifique. Des savants renommés en parlent, des petites conférences et des colloques sont organisés autour du cannibalisme. Puisque la science (exacte ou non) ne doit pas avoir de limites d’investigation, le sujet cesse alors d’être un tabou absolu. Il n’est plus impensable, et un petit groupe d’« extrémistes » pro-racisme se crée et fait des percées dans les médias. Cette opinion est alors perçue comme simplement radicale.

Étape 2 : Du radical à l’acceptable


Dans cette étape c’est l’acceptation qui est recherchée. Avec les conclusions scientifiques, ceux qui s’opposent de manière inflexible à l’ouverture sont traités en intransigeants, fanatiques opposés à la science. Un jargon pseudo-scientifique pourra être créé. Dans le cas du racisme on préférera parler de nationalisme. Les connotations négatives associées au mot racisme seront alors adoucies. Même si l’idée n’est pas encore largement acceptée, elle intègre progressivement le débat public.

Étape 3 : De l’acceptable au raisonnable


Il s’agit ici de transformer le jugement de principe porté sur le racisme. D’une chose en principe inacceptable on doit passer à une pratique « raisonnable ». La discrimination trouve une justification; par exemple, dans le cas d’une crise économique, un tel comportement semble devoir se légitimer par le principe fondamental de conservation. L’homme recherche sa propre conservation, et dans un cas extrême il doit pouvoir se préserver de tout. L’application d’un tel raisonnement au cas général se fait d’autant plus facilement que le concept était considéré au départ comme impensable, et donc n’était pas en butte à aucun des contre-arguments usuellement produits lors de l’émergence d’un débat intellectuel.

D’un autre côté, les « racistes » se targuent d’être pro-choix, défenseurs d’une liberté somme toute fondamentale. Les irréductibles de l’idée sont, quant à eux, perpétuellement critiqués pour leur position devenue radicale. Enfin, au besoin, la communauté scientifique conjointement aux médias saura fournir les preuves du fait que l’histoire est truffée d’exemples de ségrégation, et que les sociétés primitives n’avaient pas de problème avec.

Étape 4 : Du raisonnable au populaire


Il s’agit d’intégrer la pratique défendue à la mentalité populaire. Cela passe par les canaux de diffusion culturelle comme les films, les romans, les journaux ou même la musique. On pourra noter l’utilisation de célébrités ou de figures historiques décrites comme franchement racistes

Étape 5 : Du populaire au politique


Une fois ancrés dans la société civile, les groupes de pression cherchent une représentation politique, au travers de partis par exemple, et demandent une représentation légale. Dans le cas du racisme, il serait ainsi question de légalisation.

Les étapes présentées ci-dessus forment un exemple de la méthode de déplacement radical de la fenêtre d’Overton d’une position de l’opinion publique à son contraire.

Cependant, chacune des étapes, prises individuellement, constitue en soit une ouverture non négligeable de la fenêtre. De plus, la fenêtre d’Overton peut être utilisée pour favoriser des idées impopulaires en introduisant dans le débat des concepts bien plus radicaux qui font pâlir l’impopularité de ceux que l’on défend en réalité.

En image :

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